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J'ai enfin décidé d'écrire mon tout dernier article sur ce blog. Ce qui va suivre va sûrement en choquer plus d'un, mais j'ai besoin d'en parler et de livrer ce qui m'est si lourd à porter. Mon but en écrivant cet article n'est sûrement pas que l'on me juge pour ce que je fais. Je pense que personne n'est bien placé pour s'autoriser à émettre sa critique vis-à-vis de moi.

Le mardi 1er avril j'ai décidé d'entamer un régime. J'avais entrepris de me fixer un objectif raisonnable de perdre 7 kg. Ce que je trouvais largement assez. J'avais comme objectif de me libérer de ce qu'on appelle « ses kilos superflus », ou, je préfère, mes formes féminines. Le tout début de mon régime fut très dur à vivre. J'avais décidé de ne plus manger entre les repas ou du moins me limiter à 2 pommes en cas de grosses fringales. A côté de cela, je m'autorisais 3 « raisonnables » repas. Tout le monde me félicitais pour la si grande volonté et le sérieux dont je faisais preuve. Je prenais des ampoules drainantes tous les matins, censées déstocker mon organisme en vue de mon régime. Au tout début, mon régime fonctionnait très bien, mais j'ai dans mes souvenirs des moments de doutes et de stress quand je ne perdais rien.

Et puis le vide. Je ne sais pas en réalité ce qu'il m'est arrivé. Je ne connais pas ce déclic si puissant qui vous fait perdre pied. J'ai commencé à calculer la moindre calorie ingérée, à réduire mes portions, à contrôler les lipides, graisses saturées et sucres rapides de tous les aliments. J'ai commencé à acheter des livres sur les régimes, des tables de calories par dizaines et je me suis inscrite sur des sites de coaching sur internet.

Puis les examens sont arrivés. A ce moment, j'avais déjà atteint mon premier objectif fixé de perdre 7 kg. Et là j'ai dérapé. Je ne bouffais plus rien. Les années précédentes, le stress me faisait manger, ici je compensais par le coca light. J'ai fait plusieurs malaises sur la première semaine. Puis j'ai eu une épée de Damoclès au-dessus de ma tête. Si je ne mangeais pas plus, je pouvais dire adieu à ma réussite. Alors j'ai recommencé à manger. Tout le monde pensait que ma période de pré-anorexie était terminée. Personne n'en a douté. Et pourtant à la fin des exams, tout s'est remis en place. Ce régime n'était plus un régime, c'est devenu un mode de vie, une obligation morale. Je me suis rendue compte à quel point cela devenait une fierté chaque fois que je résistais à quelque chose. De 1500 kcal/jous je suis passée par 1200 pour en arriver à 900 et actuellement 800.

Je n'en dirai pas plus tellement ça me dégoute ce que je m'impose. Je le redis parce que j'en suis plus persuadée que jamais. Personne n'est apte à comprendre ce qu'il m'arrive. Ne dites pas « je peux comprendre » c'est faux, il y aura une part de jugement dans ce que vous dites. Ne me forcez pas à manger plus, je me vengerai en mangeant encore moins ce qu'on me propose. Certaines personnes mal intentionnées ont remis ce problème sur le compte de l'intelligence. « Tu es une fille intelligente, non ? Alors tu sais ce qu'il te reste à faire ». L'anorexie n'est en rien quelque chose de relatif à l'intelligence. L'anorexie mentale est une maladie. Je ne le redirai jamais assez. Je suis malade. Si vous saviez à quel point cette maladie s'est transformée en un tel mal-être. Je n'ai plus le goût à beaucoup de choses. J'avais même perdu les buts qui me tenaient sur le droit chemin. Je suis perdue sans mes repères. Je me sens mal quand je sais que je serai privée de mon environnement. Perdre du poids n'a plus de secret pour moi. C'est tellement facile maintenant. Et puis c'est tellement quotidien que je n'arrive pas à imaginer l'après. Si je suis agressive avec vous parfois, ce n'est pas à prendre contre vous. C'est un ras-le-bol de tout qui s'échappe. Parce que même si je gère si bien ce régime, je me sens si dés½uvrée lorsque je suis seule chez moi. Je me sens tellement coupable et conne de ce qu'il m'arrive. Mais retenez bien une chose, c'est que je ne l'ai pas choisi.

Pour finir, je pense que je l'ai tellement voulu, qu'elle s'est installée en moi et qu'elle ne me lâchera pas si facilement.

Je ne veux pas de votre pitié. J'ai ai déjà suffisamment pour moi-même. Mais sachez que je suis mal d'être contrainte à tout ça. Personne ne me voit pleurer certains soirs. Ne me parlez pas non plus de volonté. Ce n'est pas une question de volonté. Ca dépasse toutes ces belles phrases.

A l'heure actuelle j'ai perdu plus du double du 1er objectif fixé. J'en suis à 15 kg de perdus et je ne sais même pas si j'en suis encore fière.

Je suis une fille qui me défonce en m'affamant.














*IS IT THE END ?


MAYBE HERE


.Fin du skyblog.




# Posté le samedi 16 août 2008 10:21

Modifié le mercredi 20 août 2008 10:50